Me voilà seule...
Me voilà seule, encore une fois…
Te voilà mort, comme les autres avant toi.
Je ne sais pas comment je vais faire pour continuer à vivre.
Tu riais chaque fois que je disais le mot vie en parlant de moi,
Moi qui suis morte…
Je suis morte, mais de la tombe je me suis relevée pour errer sur terre, condamné à me nourrir du sang de tes semblables.
Il y a longtemps, j'en faisais partie aussi, mais aujourd'hui, je suis ce que les tiens appel monstre.
Mais j'aime.
Malgré tout ce qu'ils peuvent dire, ils ne peuvent me retirer le fait que je puisse aimer.
Aimer à en mourir, aimer à la folie…
Je t'ai aimé.
Je t'ai vu vieillir à mes côtés, alors que moi, je restais comme aux premiers jours.
Ma condition n'est pas enviable, et je regrette parfois mon choix.
Le choix que j'ai pris il y a si longtemps…
Ce choix de me plus jamais vieillir, et de n'approcher la mort que pour me nourrir.
Le choix aussi, de dire adieu au soleil et d'embrasser la lune.
Cet astre est maintenant ma compagne, alors que son double diurne m'a tourné le dos, à jamais.
J'ai traversé époques et régions, révoltes et processions, avancées technologique et déclins de sociétés…
J'ai traversé tout cela sans jamais prendre une rides…
Sans jamais changé, du moins en apparences.
Mais j'ai vieilli tout compte fait, terriblement vieilli !
Je ne suis plus que l'ombre de moi même, ombre parmi les ombres…
Tu n'as pas voulu de mon offre, c'était pourtant un cadeau que te donnais avec joie…
Mais c'était égoïste de ma part de te le proposé…
Comment ai-je pu croire un instant que tu accepterais ?!
Je me retrouve seule, encore…
Sans toi, sans ton amour, à erré dans la nuit pour toute l'éternité.
Mais je n'ai d'autre choix que de continuer mon chemin.
Parfois me viens l'idée de rester debout au lever de soleil et de regarder son ascension une dernière fois…
Je m'en dormirai alors dans le sommeil éternel, et personne ne me réveillera jamais…
Pas même Satan avec qui un pacte j'ai signé.
Je serai alors poussière…
Comme il est marqué dans le Grand livre; tu es poussière et tu retourneras à la poussière.
J'ai maintenant renoncée. Je serai solitaire dans mon malheur, dans mon errance, dans ma fuite…
La fuite de ma condition, car mes réactions sont humaines, trop humaine pour survivre parmi les miens.
Miens, que j'ai renier voilà des années…
Je me dirige vers eux, pour implorer leur pardon,
Je me prosternerai à leur pieds, leur suppliant de m'achever.
Et c'est avec ton image, et le regard planté dans les yeux de ceux de mon espèce que j'expirerai mon dernier soupir…
Et je que je serai enfin morte, sans marche arrière possible.
Je ne suis plus.